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5 · Grèce politique

La bataille de Marathon

490 av. J.-C. Marathon, Attique (Grèce)

En bref

Le roi perse Darius a envoyé une grande armée contre Athènes, qui avait aidé les cités grecques révoltées. Les Athéniens, avec l’aide de la petite cité de Platées, ont affronté les Perses dans la plaine de Marathon et ont gagné. Selon une légende, un messager a couru jusqu’à Athènes pour annoncer la victoire et il est mort en arrivant. En souvenir, aux Jeux olympiques modernes, on court le marathon, long de plus de 42 kilomètres.

Pourquoi c’est important Elle a montré que les Perses, le plus grand empire de l’époque, pouvaient être battus.

Source : Encyclopaedia Britannica, « Battle of Marathon »

Illustration : La bataille de Marathon (Marathon, Attique (Grèce))
Illustration créée avec l’IA pour Storiascopio
La bataille de Marathon : Marathon, Attique (Grèce)
Où : Marathon, Attique (Grèce)

Fiche pour étudier environ 6 minutes de lecture

Le récit

Une vengeance longue de plusieurs années

La bataille de Marathon commence par une révolte. Les cités grecques d’Ionie, sur la côte de l’actuelle Turquie, étaient soumises au grand Empire perse. Entre 499 et 493 av. J.-C., elles se révoltèrent, et Athènes et Érétrie, une ville de l’île d’Eubée, envoyèrent des navires pour les aider. La révolte fut écrasée, mais le roi de Perse, Darius Ier, n’oublia pas l’affront. En 490 av. J.-C., il fit partir une expédition navale sous les ordres des généraux Datis et Artapherne, avec pour but de punir Athènes et Érétrie. En chemin, les Perses prirent l’île de Naxos et détruisirent Érétrie. Puis ils débarquèrent dans la plaine de Marathon, à une quarantaine de kilomètres d’Athènes par la route.

Les deux armées

Combien étaient les Perses ? L’historien Hérodote parle de six cents navires, mais il ne dit pas combien de soldats débarquèrent. Les sources antiques plus tardives donnent des chiffres énormes, jusqu’à six cent mille hommes, mais les spécialistes modernes les jugent exagérés. Les estimations d’aujourd’hui vont de 20 000 à 30 000 fantassins, plus les cavaliers, dont le nombre est très discuté. Les Athéniens étaient environ 9000 à 10 000 hoplites, les soldats avec bouclier et lance, aidés par environ mille hommes de Platées, une petite ville alliée.

L’armée athénienne était commandée par dix stratèges, un par tribu, et par le polémarque Callimaque, un magistrat aux fonctions militaires. C’est Miltiade, l’un des dix stratèges, qui fit approuver le décret pour livrer bataille. Selon Hérodote, le vote décisif fut celui du polémarque Callimaque.

La bataille

Pendant quelques jours, les deux armées restèrent face à face. Puis les Athéniens attaquèrent. La date exacte n’est pas sûre : c’est août ou septembre 490 av. J.-C., et certains spécialistes proposent le 11 ou le 12 septembre. Selon la reconstitution la plus suivie, les Athéniens placèrent le centre plus mince, sur quatre rangs, et les ailes plus fortes, sur huit. Le centre céda, comme prévu, et les Perses qui avançaient s’y enfoncèrent. Les deux ailes athéniennes, pendant ce temps, avaient repoussé les ennemis sur les côtés ; puis elles se refermèrent comme une tenaille sur le centre perse, qui se retrouva encerclé. Les Perses s’enfuirent vers les navires.

Les historiens discutent encore des détails. Une hypothèse veut qu’une partie de l’armée perse, y compris la cavalerie, ait déjà été rembarquée avant l’affrontement, pour se diriger vers Athènes par la mer. Une autre rappelle un signal fait avec un bouclier, envoyé par quelqu’un pour avertir les Perses ; Hérodote le rapporte comme un fait, mais beaucoup de spécialistes modernes en doutent.

Les morts furent 192 Athéniens et, selon Hérodote, 6400 Perses, un chiffre que les spécialistes jugent incertain. Parmi les Athéniens tombés se trouvait Callimaque. Ensuite, les Athéniens durent se dépêcher : les Perses, remontés sur leurs navires, essayèrent de rejoindre directement Athènes, mais les Athéniens revinrent en ville en courant et empêchèrent le débarquement. Les Perses renoncèrent et retournèrent en Asie.

Phidippidès et le marathon

Sur Marathon sont nées deux histoires très célèbres. La première est celle du coureur Phidippidès (ou Philippidès) : avant la bataille, les Athéniens l’envoyèrent à Sparte demander de l’aide. La distance entre Athènes et Sparte est d’environ 220 à 240 kilomètres, et l’histoire dit qu’il la parcourut en très peu de temps. C’est de la tradition, mais le fait qu’un coureur ait été envoyé à Sparte est déjà raconté par Hérodote.

La seconde histoire, la plus célèbre, raconte qu’un messager courut de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire et que, dès son arrivée, il mourut de fatigue. Les historiens ne la considèrent pas comme un fait historique : elle est racontée par Plutarque, puis par Lucien de Samosate, des siècles après, et c’est probablement le résultat de la fusion de plusieurs histoires anciennes. Pourtant, elle a donné son nom à la plus longue course de l’athlétisme : le marathon.

Le souvenir

Les Athéniens tombés furent enterrés sur le champ de bataille, sous un grand tumulus, le Soros, qui est encore visible. Selon un spécialiste, au sommet du tumulus furent placées des stèles avec les noms des 192 morts, classés par tribu. Le dramaturge Eschyle combattit à Marathon ; sur sa tombe, il voulut rappeler seulement cela, et non ses tragédies. Dans la tradition, on racontait aussi que le dieu Pan était apparu pendant la bataille pour effrayer les Perses : c’est pourquoi les Athéniens lui consacrèrent un culte près de l’Acropole.

Pourquoi c’est arrivé

La cause la plus immédiate fut la révolte des cités grecques d’Asie Mineure contre la Perse. Athènes et Érétrie, en envoyant des navires pour les aider, s’étaient dressées contre un empire énorme, le plus grand de l’époque. Pour Darius Ier, une punition était nécessaire, pour garder le contrôle de tous les peuples soumis.

Il y avait cependant aussi une raison plus profonde. L’Empire perse s’était déjà étendu vers l’ouest et les cités grecques de la côte et les îles étaient sous sa domination. Athènes, libre et fière, était un exemple dangereux pour ceux qui étaient soumis. Pour les Athéniens, en revanche, le défi était de défendre leur liberté et leur façon de se gouverner, qui, avec Clisthène, était devenue plus participative.

Ce qui a changé

La victoire donna aux Athéniens une grande confiance en eux. Elle démontrait que les Perses n’étaient pas invincibles, et qu’une armée de citoyens libres pouvait battre un empire. À Athènes, l’exploit fut rappelé pendant des générations, dans des poèmes, des peintures et des discours.

En réalité, la guerre ne finit pas. Dix ans plus tard, en 480 av. J.-C., le nouveau roi perse Xerxès revint avec une armée beaucoup plus grande, et les Grecs durent combattre aux Thermopyles, à Salamine et à Platées. Mais sans Marathon, Athènes n’aurait peut-être pas eu la force d’organiser la résistance.

Marathon vit aussi dans notre sport. En 1896, Michel Bréal proposa d’inclure dans les premiers Jeux olympiques modernes une course qui rappelle celle du messager, et Pierre de Coubertin la soutint. Lors du premier marathon olympique, à Athènes, c’est le Grec Spyridon Louis qui gagna. La distance officielle de 42,195 kilomètres ne fut fixée qu’en 1921.

Personnes et lieux clés

Personnes

Darius Ier
Roi de Perse qui envoya l’expédition de 490 av. J.-C. pour punir Athènes et Érétrie.
Miltiade
Commandant athénien qui fit approuver la décision de livrer bataille.
Callimaque
Polémarque d’Athènes, magistrat militaire : il mourut à Marathon.
Phidippidès
Coureur athénien envoyé à Sparte pour demander de l’aide ; la légende le confond avec le messager qui aurait annoncé la victoire.
Eschyle
Le grand auteur de tragédies : il combattit à Marathon et fit rappeler sur sa tombe seulement cette bataille.

Lieux

Marathon
Plaine sur la côte est de l’Attique, à environ quarante kilomètres d’Athènes par la route.
Érétrie
Ville de l’île d’Eubée, alliée d’Athènes, détruite par les Perses avant la bataille.
Platées
Petite ville de Béotie qui envoya environ mille hommes aider les Athéniens.
Le Soros
Le grand tumulus sur le champ de bataille, où furent enterrés les Athéniens tombés.

À savoir

  • Les Athéniens tombés à Marathon furent 192, et sur leur tombe furent placés les noms classés par tribu.
  • Phidippidès ne courut pas de Marathon à Athènes : la tradition la plus sûre l’envoie d’Athènes à Sparte, à plus de deux cents kilomètres.
  • La longueur officielle du marathon, 42,195 kilomètres, ne fut établie qu’en 1921.
  • Eschyle, le grand écrivain de tragédies, voulut que sa tombe rappelle seulement qu’il avait combattu à Marathon.

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